SAN RAFAEL PETZAL


Département de Huehuetenango 

Langue maya: mam 

Surface : environ 18 km² 

Population: 11 271 habitants 

Jour de marché: dimanche 

Fête patronale : le 24 octobre en l'honneur de l'Archange Raphael 



San Rafael est situé dans la Cordillière des Cuchumatanes. C'est un village d'origine hispanique, qui s'est détaché de l'agglomération de Colotenango en 1890. D'après les documents coloniaux, cette communauté a lutté constamment pour le maintien de son territoire. Elle a du faire face à de nombreux problèmes d'annexion et de séparation avec d'autres villages. 

 

On y cultive le mais, les haricots, le café, la canne à sucre, et l'on y fabrique les pains de sucre non raffinés (panela) et le rhum (aguardiente).



Le costume

On possède peu de documents sur les costumes indigènes de la région de Huehuetenango Cependant, on sait que durant les cinquante dernières années, les habitants de nombreuses communautés n'ont pas porté leurs costumes de cérémonie. Néanmoins, ceux d'usage quotidien, aux particularités différentes, continuent à être utilisés. À Petzal, nom donné à cette communauté, les femmes s'habillent d'un costume ordinaire.


Le huipil

 

Le huipil traditionnel est confectionné avec trois lés d'étoffe Le fond est rayé rouge, blanc et orange, avec parfois du vert, couleurs avec lesquelles on brode les dessins géométriques brochés. C'est la position des motifs sur le tissage qui fait sa particularité. Le pan central est le plus large et apparaît presque complètement broché, tandis que sur les côtés, on ne trouve des dessins que sur les épaules Une autre caractéristique à remarquer : les femmes couvrent les rayures blanches de figures géométriques De cette manière, la partie inférieure du huipil, qui n'est pas brodée, est plus blanche que le reste. Sur quelques huipils, on distingue, sur cette partie, un dessin unique appelé colocho, qui signifie bouclette. 

Les finitions du cou sont brodées à la main d'un point de feston. Les huipils modernes gardent leurs caractéristiques techniques, mais font appel désormais à des couleurs différentes et à d'autres motifs de broderies, Les femmes le portent, en général, en dehors de la jupe mais certaines le rentrent devant. 

 

La jupe 

 

Autrefois, la jupe traditionnelle était bleue et parsemée de petits dessins brochés. Plus tard, s'ajoutèrent des rayures rouges, jaunes et vertes et la jupe eut alors une dominance rouge comme celle qui est utilisée à Colotenango, dans la commune voisine. Elle est confectionnée de deux lés d'à peu près un mėtre et demi de long, tissés sur un métier de ceinture. Depuis peu, les motifs brochés sont plus grands et abondants. Les femmes font très attention à la manière d'unir les extrémités de chacun des pans de tissu pour former la jupe tubulaire. La couture est invisible, donnant ainsi l'impression que la jupe ait été tissée sur un métier à chaîne circulaire. Pour s'en vêtir, les femmes la soutiennent par devant d'une main, l'étirent en l'enroulant autour de la taille de l'autre main, puis elles l'ajustent et la retiennent avec la ceinture tissée. 

 

La ceinture 

 

Elle est aussi de dominance rouge avec des rayures dans les mêmes tons que le huipil. Elle mesure à peu près deux mètres et demi de long et elle est tissée sur un métier de ceinture. Aux extrémités, on peut remarquer que les dessins brochés sont similaires à ceux déjà décrits et que les tisserands élaborent les finitions par un travail minutieux de petits nœuds. La ceinture soutient la jupe et elle est attachée, dans le dos, grâce à un joli nœud dont les bouts pendent sous le huipil (voir photo). 

 

La serviette (su't) 

 

Elle ressemble beaucoup à la ceinture, mais carrée et confectionnée à partir de deux lés, tissés sur un métier de ceinture. La randa, couture d'union, est faite à la main au point de feston. De plus, des petits motifs brodés évoquant des fleurs semblent sortir de la couture principale. 

 

La ceinture de tête 

 

Cette ceinture de laine, mince et très longue (environ 9 mètres), est un accessoire distinctif des communautés du département de Huehuetenango. Autrefois, elle était tissée sur un métier de ceinture qui aujourd'hui est en voie de disparition. Celui-ci était suspendu aux poutres du corridor du patio des maisons. La ceinture était confectionnée de laine et de coton naturel rouge avec de fines rayures latérales noires ou bleues. De nos jours, ces ceintures sont tissées à la machine avec des fibres acryliques de toutes les couleurs.



ACTIVITÉ PÉDAGOGIQUE

Objectifs et compétences :

• Faire une petite carte pour la fête des mères ou pour une autre occasion. 

• Reproduire des figures géométriques. 

• Communiquer grâce à une activité artistique. 

• Écrire un message poétique. 

 

Techniques : découpage minutieux, piquage, décalquer et collage

 

Vocabulaire spécifique : en haut, en bas, vertical, horizontal, gauche, droite, losange, lignes parallèles, bouclette. 

 

Temps : 2 fois 45 mn. 

 

Matériel par élève:

- ciseaux 

- règle 

- crayon à papier 

- crayons de couleurs ou marqueurs 

- colle en bâton 

- papier calque 

- papier glacé rouge pour la partie supérieure du huipil et d'autres couleurs de votre choix pour les autres détails de la décoration 

- feuilles de bristol blanc A4, coupées en deux puis pliées pour former deux huipils miniatures (voir modèle) 

- poinçon ou clou à pointe fine 

 

Évaluation :

• Observer la précision des découpages et la propreté du collage. 

• Suspendre toutes les cartes sur un fil avec des pinces à linge pour que l'exposition ressemble à un étendage d’habits en train de sécher.

 

ACTIVITÉ :

 

Activité préliminaire 

Photocopier le modèle du huipil (voir modèle) en fonction du nombre d'élèves. 

• Couper les feuilles de bristol en deux et les distribuer entre les élèves. 

• Fabriquer dans le bristol suffisamment de petits modèles de plastrons et de losanges (voir modèle) pour que les enfants les découpent puis les reportent sur le papier glacé rouge. 

 

Première activité 

• Observer en silence le huipil de San Rafael afin de décrire ensuite un maximum de détails. 

• Reporter le modèle du plastron sur le papier glacé rouge, le découper et le coller en haut du huipil. 

• Évider la partie correspondant au cou. Découper dans le papier glacé rouge de fines bandes d'environ 2 mm de large et de la longueur du rectangle (pour faire les rayures) puis les coller.

• Découper des petits losanges, les colorier de différentes couleurs, puis les coller sur le papier glacé rouge en les disposant comme sur le huipil original. 

• Colorier avec des crayons de couleurs ou des feutres les triangles de la bande décorative des épaules.

 

Deuxième activité : 

• Dessiner au feutre noir le motif dit « bouclette » (colocho) et le coller sur le côté droit du huipil. 

• Piquer le plastron avec d'ouvrir une petite fenêtre sur la carte. 

• Découper les trois bords de la fenêtre. 

• Replier les deux moitiés du huipil et les coller (en évitant la fenêtre). 

• Pour terminer, écrire le texte de son choix à la personne désirée, sous le plastron (voir photo), par exemple 

- « Bonne fête maman chérie » 

- « je t’aime de tout mon cœur » 

Créer une poésie de son choix...

 

Prolongements :

• A l'aide de pochoirs, réaliser d'autres cartes décorées grâce à des éponges imbibées de peinture 

• Réaliser avec la même technique des papiers cadeaux ou des frises sur du tissu ou sur le mur de la classe.