PALÍN


Département de Escuintla 

Langue maya : poqomam 

Surface : 88 km2 

Population : 62 095 habitants 

Jours de marché: mercredi, vendredi et dimanche

Fête patronale : La Saint-Christophe du 27 au 30 juillet. 



Fondée à l'époque pré-hispanique, la ville est alors connue sous le nom de Palín, un terme de la langue poqomam qui signifie « l'eau qui est debout » en raison d'une falaise d'où surgit une petite rivière qui traverse la ville. Après la Conquête, les Espagnols la placèrent sous le patronage de saint Christophe (San Cristóbal).

 

Son climat est chaud et ses terres fertiles. Ses habitants se consacrent à l'agriculture, le lieu est renommé pour son immense kapokier à l'abri duquel se tient le marché. Aujourd'hui, nombreux sont les habitants de Palin qui travaillent dans les industries de montage textile et bien peu de femmes continuent le tissage.



Le costume


Le huipil

 

Traditionnellement les femmes étaient chargées du tissage de plusieurs éléments du costume sur le métier de ceinture, d'origine millénaire. A Palin, dans la première moitié du XXe siècle, les hommes comme les femmes portaient le costume traditionnel. Les femmes, plus conservatrices, le portent toujours quotidiennement et lors des cérémonies. 

Le costume de tous les jours comporte un huipil, une jupe, une ceinture, un su’t et le tablier. Le costume cérémoniel se distingue par la coiffe et la façon de porter le su't sur la tête. Aujourd'hui encore, on voit des femmes portant les huipils de style traditionnel formés d'un seul lé tissé sur le métier de ceinture. Le huipil est court et porté ajusté au corps au-dessus de la jupe Le dessin central couvre presque tout le lé et est encadré de deux bandes latérales, rouges et unies. Certains présentent un motif d'oiseaux à deux têtes ou « aigles bicéphales ». Ce symbole apparaît aussi dans les dessins d'autres communautés. Il a été introduit dans les lissages sous l'influence de l'Europe (symbole des Habsbourg) et s'est parfaitement adapté à la croyance d'une dualité dans la cosmovision ancienne des Mayas. D'autres tisserandes combinent l'aigle bicéphale avec d'autres animaux, mouches figures géométriques ou fleurs. 

De plus en plus, les femmes indigènes remplace le huipil traditionnel par des blouses de toile du commerce avec des manches, semblables à celles que l'on voit sur la côte sud du pays.

 

La jupe 

 

Depuis des générations, les femmes portent la jupe bleue à rayures banches verticales tissée traditionnellement à El Tejar (Chimaltenango) sur métier droit à pédale. La jupe actuelle peut être bleue ou noire et se distingue par ses effets chatoyants lesquels étant obtenus par le jeu des matériaux et des rayures Les femmes l'arrangent de façon à former plusieurs plis dans la partie postérieure 

 

La ceinture 

 

La ceinture, autrefois très large, s'est considérablement réduite Elle est toujours rouge avec des rayures bleues et des brochés de diverses couleurs. 

 

Le tablier 

 

Ces dernières années, un tablier de dentelle court et petit est devenu à la mode. Il est décoré avec des dentelles, des petits cordons et des biais et dispose de deux poches. Il couvre une partie du devant du corps, il est plus décoratif que fonctionnel. 

 

Le su't 

 

Longtemps les su't ont fait partie du costume féminin, aujourd'hui, seules les utilisent les femmes des confréries ainsi que celles qui assistent aux cérémonies. Tissés sur le métier de ceinture avec du fil de coton, on les utilise pliés sur l'épaule ou sur la tête pour se protéger du soleil. Les femmes de la confrérie les placent, comme un châle, au-dessus de leur coiffe en relevant seulement la pointe de l'arrière vers l'avant. D'autres les plient en diagonale pour s'en recouvrir les épaules. 

 

La ceinture de tête 

 

Les coiffes sont spectaculaires et portées uniquement par les femmes des confréries. Elles consistent en une ceinture de laine de quelques vingt mètres de long appelée tun à Palin seulement. Elles étaient fabriquées hors de la région (au Mexique d'après les anciennes) sur des petits métiers à pédales Les rares femmes qui arborent encore la coiffe la tressent avec les cheveux puis l'enroulent autour du front à la façon d'une couronne. La manière de composer la coiffe à Palin rappelle celle qu'employaient les Mayas pré-hispaniques.

 



ACTIVITÉ PÉDAGOGIQUE

Objectifs et compétences : 

• Connaître et utiliser la technique des traces avec des éponges (estampage) pour reproduire des formes géométriques 

• Reproduire une symétrie par pliage.

• Affiner les gestes en dessinant des formes d'oiseaux plus complexes. 

• Développer le repérage spatial. 

 

Techniques : estampage, reproduction par symétrie, graphisme

 

Vocabulaire spécifique : représentation, styliser, rythmes, formes géométriques: symétrie, orientation, animaux bicéphales 

 

Temps : 3 fois 30 minutes 

 

Matériel : 

- Papier à dessin blanc, éponges coupées en rectangles de 0.5 x 5 cm, peinture violette et rouge carmin, orange et jaune. 

- pinceaux et récipient d'eau. 

- stylos à billes ou crayons noirs et modèles.

 

Évaluation :

• Apprécier la façon dont l'enfant domine peu à peu la technique des traces avec une éponge. 

• Noter la prise de conscience de la symétrie par le biais du pliage.

• Evaluer la précision du graphisme fin dans les dessins d'oiseaux, l'ajustement des formes, I'orientation des éléments.

 

ACTIVITÉ :

Première activité : empreintes avec éponges

• Observer le huipil 

• Demander aux élèves de décrire les rythmes de formes géométriques rouges et violettes sur fond blanc. Ce sont des obliques et des zigzags 

• Sur une feuille de brouillon, l'élève s'exerce à faire des traces avec les rectangles d'éponge, en violet et en rouge: d'abord des bandes de rayures parallèles, puis des zigzags et enfin des lignes obliques. 

• Quand les résultats sont satisfaisants, l'élève reproduit correctement ces formes sur un papier à dessin blanc. Le maître exige un vocabulaire précis : lignes verticales, obliques, parallèles et zigzags. 

 

Seconde activité : symétrie de l'aigle à deux têtes 

• Décrire les particularités des animaux bicéphales représentés par les aigles. Faire remarquer aux élèves que les deux parties de l'animal sont en miroir, elles sont symétriques. Expliquer le contenu symbolique dans la culture maya. 

• Distribuer le dessin de l'aigle (voir modèle). 

• L'élève peint son dessin avec différentes couleurs et avant que la peinture ne sèche, il plie la feuille en deux et appuie avec la paume de sa main. Ensuite il ouvre la feuille et découvre la part symétrique du premier aigle. Cette activité magique plait aux enfants, car en général les couleurs se mélangent et le résultat est du plus bel effet.

 

Troisième activité : dessin des animaux stylisés

• Observer le dessin des oiseaux du huipil. 

• A partir de losanges, sur le tableau, le maître explique à l'élève comment il peut styliser un oiseau, comme dans le huipil. 

• Le maître prévoit toute une progression de dessins jusqu'à ce que l'enfant trouve lui même sa propre construction. 

 

Prolongements :

•  Couper d'autres formes d'éponges pour varier les traces 

• Utiliser la technique de symétrie par pliage pour fabriquer d'autres animaux ou personnages.